Avis Epiphone Casino Des Années 80



Vous avez flashé sur une Epiphone Casino avec un vernis craquelé et un pickguard jauni, et vous vous demandez si le jeu en vaut la chandelle ? C'est la grande question quand on tombe sur un modèle des années 80. L'engouement pour ces guitares semi-hollow body est tel qu'on finit souvent par se demander ce qui sépare vraiment la légende de la réalité. Faut-il craquer pour ce millésime ou viser une réédition plus récente ?

La fabrication coréenne sous licence Gibson

Il faut remonter le temps pour comprendre l'ADN de ces guitares. Dans les années 80, Epiphone n'a plus rien à voir avec l'usine de Kalamazoo. La production a migré, principalement vers la Corée du Sud, dans les usines Samick ou Peerless. Conséquence directe : le cahier des charges n'est plus le même que dans les années 60. Le bois sélectionné n'atteint pas la qualité des anciennes pièces, et les finissent pêchent parfois par un manque de soin. Cela dit, l'assemblage général reste étonnamment solide. On tient entre les mains un instrument qui a survécu à plusieurs décennies de concerts et de répétitions, ce qui prouve que la structure tient la route. Les mécaniques d'origine, elles, ont parfois un peu de jeu. Un remplacement par des Grover ou des Gotoh résout rapidement le problème de justesse.

P90 et résonance acoustique : le son vintage à l'état pur

Le vrai point fort de cette guitare, c'est sa voix. Une Casino reste une entièrement creuse (full hollow), sans barre de centre centrale. Cela implique une résonance acoustique généreuse, presque envahissante. Branchez-la, et les micros P90 prennent le relais. Ce n'est pas le stérile et clinique d'une double bobinage moderne. Ici, on a du grain, du gras, et ce fameux coup de médium qui sature si bien quand on pousse un ampli à lampes. Les micros d'époque, même s'ils captent énormément les bruits parasites, offrent une dynamique redoutable. Le moindre attaquant du médiator se traduit par une variation de timbre. Sur un clean cristallin avec un peu de réverb, le son clair est d'une chaleur redoutable. En crunch, elle rugit avec un côté blues-rock indémodable.

Le manche et le profil : entre confort et épaisseur

Aborder le manche d'une Casino des années 80 demande un léger temps d'adaptation. Contrairement aux profils ultra-fins et rapides de certains modèles shred de cette même décennie, Epiphone a opté pour une touche en palissandre sur une section de manche assez épaisse, au diapason Gibson de 24,75 pouces. Le radius est bombé, ce qui facilite les accords ouverts et les grattages rythmiques appuyés. Pour le lead rapide ou les bendings extrêmes, il faut s'y reprendre à deux fois. Les frettes d'origine, souvent des mediums étroites, sont probablement usées aujourd'hui. Un refrettage s'impose dans 90% des cas, et c'est un budget à anticiper. Une fois ce travail réalisé, le manche devient un compagnon de jeu bluffant de précision pour les accords plaqués et les phrasés chantants.

Comparaison avec d'autres modèles de la même ère

Face à une ES-330 de chez Gibson ou même une Ibanez Artcore, comment se défend la Casino des années 80 ? Voici un aperçu pour y voir plus clair.

ModèleMicrosFabricationCôté sonore
Epiphone Casino (80s)P90 (coréen)Corée du SudGras, crunch naturel, médiums chantants
Gibson ES-330 (80s)P90 (USA)USAPlus de définition, dynamique supérieure, aigus plus clairs
Ibanez Artcore (réédition)HumbuckersChine / IndonésiePolyvalent, propre, moins de raclement vintage

Pourquoi les prix s'envolent sur le marché de l'occasion ?

Rien à voir avec le marché des casinos en ligne où l'on cherche le meilleur bonus sans wager, ici la cote de cette guitare ne cesse de grimper. L'effet Lennon reste le moteur principal de cette inflation. Voir le Beatle armé d'une Casino sur le toit d'Apple Records suffit à lancer une mode. Ensuite, la rareté entre en jeu. Les modèles des années 80 en bon état se font rares. Beaucoup ont été modifiés, repeints ou simplement maltraités. Acheter une Casino des années 80, c'est aussi faire un pari financier. Si le prix d'achat dépasse souvent les 800€ aujourd'hui pour un modèle d'origine, la valeur ne risque pas de baisser. C'est un investissement tout aussi volatile qu'un gros jackpot sur une machine à sous, mais avec une probabilité de gain bien plus élevée sur le long terme.

Les points de vigilance avant d'acheter

Passer l'achat est la pire erreur possible. Sur une hollow body de cet âge, la table en épicéa peut vriller sous la tension des cordes. Vérifiez l'angle du chevalet par rapport au manche. S'il penche excessivement vers l'avant, le manche a plié ou la table a bombé. Regardez aussi les plis de la caisse. Un changement de température radical a pu créer des fissures le long des ouïes en forme de f. Enfin, testez les potentiomètres de tonalité et de volume. Les coupures sonores sont le signe d'une poussière accumulée ou de soudures sèches. Si l'électronique est morte, ce n'est pas grave ni coûteux à refaire, mais ça sert de levier de négociation imparable.

FAQ

Une Epiphone Casino des années 80 vaut-elle le coup par rapport à une réédition actuelle ?

Oui, si vous cherchez le caractère et le son brut moins lissé que les modèles modernes. Le bois a eu le temps de sécher et de gagner en résonance, ce qui donne un timbre plus ouvert. En revanche, pour la jouabilité immédiate sans frais, une réédition japonaise ou même la Inspired by Gibson actuelle sera plus confortable et mieux finie en usine.

Comment différencier une vraie Casino des années 80 d'un faux ?

Examinez le serial number gravé au dos de la tête. Les modèles coréens de cette époque ont souvent des numéros commençant par les chiffres de l'année ou un préfixe spécifique à l'usine Samick. Le logo Epiphone doit être incrusté (inlay), pas simplement sérigraphié. Enfin, les composants électroniques (potentiomètres CTS, condensateurs) confirment souvent l'authenticité d'une pièce d'époque.

Est-ce que cette guitare s'accorde facilement et tient-elle l'accord ?

Les mécaniques d'origine ont souvent pris un coup de vieux. Elles ont du jeu et peinent à maintenir la justesse sur les tirants légers. Un remplacement par des mécaniques modernes à blocage règle définitivement ce souci. La guitare tient ensuite l'accord sans broncher, même avec des bendings appuyés.

Peut-on jouer du métal ou du jazz fusion avec une Casino des années 80 ?

Le jazz fusion, absolument, grâce à la rondeur des P90 et à l'attaque fingerstyle. Pour le métal, oubliez. Le larsen acoustique sera ingérable à haut volume avec de la saturation extrême, et le grain des P90 manquera de la compression nécessaire pour les riffs rapides en drop tuning.